24 25 un TOP clients global représentant 70 % du CA sur les plus gros encours (TOP500 des clients sur les encours échus > 60 jours en global, TOP100 des clients sur les encours échus > 60 jours par business). L’objectif principal est de mettre en évidence les encours les plus importants et les plus risqués sur ces KPIs suivis 2 fois par mois avec justification des évolutions et plans d’actions mensuels. Questions à Luigina ZONZINI : Credit Manager 1. Vous avez accepté de partager avec nous votre expérience d’un contrôle fiscal sur vos provisions et nous vous en remercions. Quelle méthode utilisiez-vous avant ce contrôle ? A mon niveau, c’est notre Groupe qui décide de la méthode à utiliser. Celle retenue est la méthode statistique. En fonction de notre évaluation du risque, nous passions les provisions en fonction du pourcentage de risque déterminé. 2. Quels ont été les principaux points de désaccord soulevés par l'administration fiscale lors du contrôle de vos provisions ? Le « problème » des provisions, c’est qu’elles doivent être une image fidèle des pertes futures de l’entreprise. Si on vulgarise, il faut lire l’avenir (boule de cristal ou marc de café sont surement autorisés). Je plaisante bien entendu. Mais il faut trouver la méthode qui nous permettra d’être au plus proche de la réalité tout en prenant en compte des éléments externes qui peuvent subvenir (difficultés dans un secteur particulier, crise économique,…). Dans notre cas, l’Administration Fiscale a jugé qu’il y avait un manque de cohérence entre la réalité et la méthode de provisionnement utilisée. Un autre point essentiel concernant les règles de provisions, c’est qu’il faut pouvoir « défendre » son appréciation et ses décisions. Là encore, il semble que nous n’ayons pas été assez proactif et que l’absence d’une documentation complète nous a empêché de justifier certaines prises de position. 3. .Quelles leçons avez-vous tirées de ce contrôle fiscal concernant la documentation et la justification de vos provisions ? Le contrôle fiscal reste un moment « douloureux » et chronophage. Mais il faut garder en tête le vieil adage qui dit qu’on doit apprendre de ses erreurs. Dans notre cas, le contrôle a démontré aux entités de la Sade l’importance de la documentation. Le siège de notre Groupe insistait déjà sur ce point mais nous avons peut-être été moins pointilleux que nécessaire et nous avons changé notre organisation pour prendre en compte cet élément clé. 4. .Quels conseils donneriez-vous à d'autres Credit Managers pour éviter les mêmes problèmes que vous avez rencontrés lors de votre contrôle fiscal ? De mon point de vue, ce sont rarement les Credit Managers qui pilotent de A à Z les provisions. L’établissement des règles et des méthodes revient donc selon moi à la Direction Générale ou à la Direction Financière. Toutefois, nous sommes à minima acteurs dans le suivi et dans l’apport de la preuve si nécessaire. Je conseillerai donc à mes homologues de se concentrer sur la documentation afin de pouvoir fournir des explications et des preuves en cas de contrôle ou de débat avec l’Administration fiscale. 5. Avez-vous changé certaines de vos méthodes ou politiques de provisionnement suite au contrôle fiscal, et si oui, quelles modifications avez-vous apportées ? La méthode a effectivement changé. Nous sommes maintenant passé à une analyse au cas par cas. Cette démarche est surement plus chronophage mais elle nous permet d’être beaucoup plus proche de la réalité. Je tiens juste à préciser que nous avons changé d’actionnaire entre temps. J’ignore si les choses auraient également changé si nous étions restés dans le même groupe. D’où l’importance des décisions de la Direction dans ce domaine sensible.
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