En 2015, la ville et le département de Paris n’imprimeront plus les avis de mise en paiement. Ces documents se trouveront sur leur nouveau portail fournisseurs (fournisseurs.paris.fr), lancé en septembre dernier. Economie de papier et d’affranchissement attendue ? 40.000 euros par an. Mais Paris mise surtout sur une amélioration de la qualité de ses échanges avec les entreprises grâce à ce nouveau portail sécurisé et, trois mois après son lancement, 550 des 12.000 fournisseurs actifs de la collectivité s’y sont inscrits. Ils peuvent suivre le traitement de leurs factures en temps réel sur une interface où tous les cas de figures ont été prévus (sous-traitance, affacturage…).
« Avant nos relations avec la Ville de Paris n’étaient pas mauvaises, elles étaient complexes», résume Martine Messager, directeur général de Revert SAS (quincaillerie, serrurerie, visserie : 7.000 bons de commandes parisiens honorés en 2014). « Notre souci c’est, quand une facture n’est pas réglée dans les délais habituels, de comprendre ce qui est arrivé. Avant, parmi la multitude de services de la Ville (52 000 agents), cela pouvait nous prendre une semaine pour trouver le bon interlocuteur. Aujourd’hui, on sait exactement où en est chaque facture. Et si elle est rejetée, on a les coordonnées d’une personne qui peut nous aider à comprendre ce qui s’est passé », se réjouit-elle.
« Le portail fournisseur est en fait l’aboutissement de la réorganisation et de la modernisation de toute la chaîne de la dépense, explique Jean-Baptiste Nicolas, directeur finances et achats de Paris. Nous avons dématérialisé les flux entre les services et créé en 2011 un centre de service partagé comptable centralisant les équipes, ce qui a permis d’améliorer la qualité des opérations de liquidation et mandatement. » Les délais de paiement ont été divisés par deux, passant de 45 jours en 2011 à 23 jours en 2013.
Le portail fournisseur s’inscrit dans cette évolution. Il pourra être enrichi. A court terme, les entreprises titulaires de marchés de voirie attendent avec impatience le volet « saisie des propositions de services faits », afin de se débarrasser du système actuel qui les contraint encore à transmettre chaque semaine des données… sur disquettes.
À noter
La mairie de Paris gère 600.000 factures par an, pour un montant total d’environ 2 milliards d’euros.
Source : Les Échos – Marie Bidault